Après une nuit à digérer les mezzés de la veille, nous attaquons bon pied bon oeil notre journée “marathon” de visites d’établissements libanais.
Pour démarrer, nous nous partageons en 2 groupes. Pour ma part, nous nous rendons à l’école de la Sainte Famille de Tripoli . Ici, ce sont des religieuses maronnites qui tiennent cet établissement de 1600 élèves allant de la maternelle à la terminale. La majorité des élèves sont des musulmans sunnites et peu sont chrétiens . Avant la guerre (1975-1990), la proportion était inversée. L’objectif de la congrégation est d’éduquer les enfants des villages et des montagnes. Mais cela a un coût et plusieurs écoles ont du fermer ces dernières années…
Dans cet établissement existe aussi une pastorale scolaire avec une messe de temps en temps. Mais la paroisse s’occupe des sacrements. L’école accompagne aussi les familles dans la transmission de la foi.
Sur les 135 enseignants de l’établissement, 4 seulement sont musulmans, les autres sont chrétiens. 35 personnes font également partie du personnel non-enseignant.
Au cours de notre visite, nous rencontrons Sirine Hamzé, une élève malvoyante de 9 ans qui vient d’écrire et d’illustrer un livre : “les aventures de Sissi”. Voici sa page Facebook : http://www.facebook.com/pages/Sirine-Hamzeh/312224642137352?v=info

une cour de récréation ordinaire

lu dans la salle des profs : transférable ?

vu sur la cour de récréation : transférable ! la culture francophone est universelle
Après ce temps d’échange à la Ste Famille, direction l’institut culturel français de Tripoli en plein coeur d’un centre commercial pour une rencontre avec l’attaché culturel. Là, nous lui faisons part des propos que nous avons entendus lors de nos visites dans les écoles libanaises quant à l’apprentissage de la langue française et à son étiolement. Il nous informe également que d’après lui, des enseignants de français n’ont pas forcément le nveau requis pour l’enseigner. Il nous annonce qu’une labellisation est d’ailleurs en cours : chaque enseignant libanais qui souhaite enseigner une matire en langue française devra atteindre le niveau B2. Clotilde propose également que des étudiants en master 2 Français Langue Etrangère (FLE) viennent en stage au Liban avec leur certification FLE. L’institut culturel français de Tripoli va lancer également en 2012 un projet photo intitulé “une certaine idée de la France” pour des établissements francophones libanais mais aussi des établissements français. ( http://www.institutfrancais-liban.com/fre/Tripoli ).
Voilà, après 24 h dans cette ville du nord du Liban, nous laissons à regret Tripoli derrière nous. De cette ville animée et pleine de vie, entre les immeubles bombardés et les résidences de luxe, nous garderons un souvenir de contrastes saisissant entre les établissements fortunés et luxueux (centre Azm) et les conditions de vie entrevues au cours de notre immersion dans les ruelles. Mais le Liban, terre de contraste, n’est-il pas une réalité ?
Un peu plus au sud, en nous approchant de Beyrouth, nous faisons halte à Djouniyé au “Paradis d’enfants” ( http://www.la-guilde.org/spip.php?page=detail_offre&id_offre=188&da=&fonc=®ion=&tri_field=dt_pub&tri_ordre=desc&no_js=true ).
L’originalité de cet établissement qui a 15 ans d’âge tient en son projet éducatif : il accueille tous les enfants sans condition de scolarité et demande en contrepartie des heures de bénévolat aux parents. Certains enfants viennent des montagnes et font de longs trajets pour aller à l’école. En visitant les classes, nous tombons sur des élèves qui ont un cours de maths en français avec un manuel français répondant aux IO de 2008 ! 900 élèves de la maternelle et du primaire se cotoient ainsi dans cet établissement francophone. Parfois, 39 petits de maternelles vivent les apprentissages dans une seule classe. Les adultes “responsables de cycle” n’enseignent pas et plusieurs d’entre eux n’ont jamais enseigné. Apparemment, cela ne semble pas poser de problèmes aux uns et aux autres quand on évoque notre étonnement. Le projet d’école (comme souvent au Liban) est basé sur l’autonomie et le respect. Nombreux sont les chrétiens de cette école. La scolarité s’élève à 200 dollars par an, ce qui permet à de nombreux enfants “défavorisés” (je mets ce mot entre guillemet car je n’aime pas ce mot étiquette) de fréquenter l’établissement. C’est ce que l’on appelle au Liban une école semi-gratuite. Au cours de la présentation de l’école, les responsables de l’établissement ont affirmé que le seul “capital” du Liban était son éducation. Alors vive l’Education au Liban, et ailleurs !

le projet d’école s’affiche

en classe, nombreux et au travail

temps de regroupement en maternelle
Après un repas partagé “à la bonne franquette”, nous reprenons la route pour nous arrêter au ”Collège International Montana” de Deek el Mehdi. Là, plusieurs de notre groupe connaissent la responsable, Rolande, qui a enseigné il y a peu en France, et qui, malade, nous fait part de son émotion d’accueillir notre groupe dans son établissement. L’école Montana accueille 300 élèves de la maternelle à la Terminale dont 23 % de non-libanais. Des élèves de différentes communautés s’y cotoient. 2 sections cohabitent également : l’anglaise (40 %) et la française (60 %). Cette école qui est une propriété privée nécessite 3 500 dollars par an de frais d’inscription. Fondée en 2000, elle vise le “développement intégral de la personne, le dépassement de soi, l’ouverture sur toutes les cultures et un enseignement d’excellence pour tous”. (source : le projet d’école)

Encore sous l’émotion de la rencontre avec Rolande, nous reprenons la route vers Beyrouth non sans avoir laissé quelques collègues derrière nous pour poursuivre la discussion amicalement.
Alors que la nuit est déjà tombée (il est 17 h 30), nous arrivons à l’Ecole des Saints-Coeurs d’Aïn Najem ( http://www.ainnajm.sscc.edu.lb/Historique.shtm ) à Beyrouth, située à 2 lacets par la route du SGEC-L , notre lieu d’hébergement. Soeur Hélène et ses consoeurs nous accueillent divinement. Après un temps de présentation mutuelle et d’échanges, nous visitons l’immense parc et ses locaux scolaires avant de partager un délicieux repas. Mais au Liban, les repas ne sont-ils pas “délicieux” par nature ? Enfin, nous recevons des cadeaux de bienvenue qui nous font très plaisir…

quel talent, quel travail !

prenons le temps de faire connaissance…

Laure se lave les mains pendant la visite.

JF Kennedy disait “ne te demande pas ce que ton pays peut faire pour toi, demande-toi ce que tu peux faire pour ton pays”
Les libanais l’ont écrit à leur manière.

un grand merci pour cette soirée
Après cette journée pleine d’émotions et de visites, un bon repos réparateur fut le bienvenu.